Depuis une semaine on n'entend plus parler à la télé que de l'anniversaire du 10éme anniversaire du 11 septembre. Je ne dois donc pas vous rappeler de quoi il s’agit; tout le monde connait les images de ces deux tours qui s’effondrent. L’horreur qui descend de haut en bas.
Certes, c’était impressionnant. Certes, on compte un nombre très élevé de victimes, et en aucun cas on ne nierait l’ampleur de la catastrophe. Pourtant, quelque chose dérange. Cette gêne ne vient pas de la commémoration en tant que telle. Il est évident qu’il faille se remémorer de telles choses comme il se doit, car il ne faut jamais oublier son passé. Comme disait Marx : "Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre." Mais ce qui dérange, c'est que cette catastrophe, mortelle certainement, est davantage valorisée que les catastrophes plus meurtrières et plus actuelles que les deux tours et dont la mémoire populaire ne se souvient déjà plus. Pourquoi ? Parce que ce ne sont pas les Etats-Unis ? Peut-être. Tout le monde n'a pas les moyens d'étaler la douleur aux yeux du monde entier.
La question se pose : Qui pensera aux victimes de Madrid l’année prochaine, ou celles de Londres encore après ? Qui commémore aujourd’hui les milliers de morts en Irak, Palestine, En Afrique du Nord, ou du Sud ? Est-ce qu’en 2014 on parlera du génocide du Rwanda ? Après tout, Tchernobyl, cette catastrophe nucléaire qui fait encore aujourd’hui des victimes en Europe, n’a été le sujet que de quelques émissions de télé pour ses 25 ans, et ce, « grâce » à Fukushima. Il est arrivé que certaines années se passent sans la moindre allusion à cette catastrophe.
Tout cela ne signifie évidemment pas qu'il ne faut pas commémorer le 11 septembre. Mais aussi terribles que furent ces attentats, les victimes américaines ne méritent pas plus que les autres de telles commémorations. Ou, plutôt, voyons-le dans l’autre sens: les autres ne méritent pas moins qu'eux. Quelque soit la nationalité, le lieu de la catastrophe ou l'impact, tout le monde mérite que l'on pense à eux de la même manière. La vie innocente d’un Américain devrait valoir autant que celle d’un Palestinien, un Irakien, un Ukrainien, un Espagnol ou un Anglais. N’oublions pas les attentats, mais n’éclipsons pas les autres horreurs du monde. Si vous adressez une prière, une pensée, ou un statut Facebook pour les victimes du 11 septembre aujourd’hui, faites le aussi pour les autres millions de victimes des centaines d’autres attentats.
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